Nous, 4 camarades et moi-même, débarquons à Budapest. Nous avons pris le train de nuit en partance de Varsovie et nous voilà à peine réveillés en gare, de bon matin pour un week-end de 3 jours.
Bien sûr, comme de jeunes routards intelligents, nous n’avons aucun guide, aucun plan. Rien.
Première action : trouver où dormir le soir même.
Après quelques péripéties et kilomètres à vadrouiller dans Buda, nous voilà dans une sorte d’office de tourisme privé. Deux jeunes filles nous procurent plan, information, et réservation pour nous 5 dans une sorte d’appart hôtel en périphérie (Je crois même me souvenir du nom Lucky Hotel. Si cela existe encore et que cela a gardé son rapport qualité / prix, je vous le conseille ! Bon ok, c’était il y a 10 ans !)
Comme tout bon français, nous les blaguons avec notre anglais ridicule. Cela dure bien 15 minutes. Mais à 5 sur deux demoiselles (qui en plus, essaient de travailler), on n’a peu de chance d’arriver à quoi que ce soit.
Je sonne alors le signal de la retraite, sous prétexte que j’en ai marre et que j’ai faim (– et ceux qui me connaissent, savent combien ma mauvaise humeur va rapidement crescendo quand j’ai faim). A peine sorti, je les plante et je retourne discuter avec nos deux demoiselles. Je m’adresse plus particulièrement à la demoiselle qui me semble plus disponible.
- Excusez-moi, est-ce que je peux encore vous déranger ? (sourire charmeur)
- Oui, bien sûr.
- Voilà. Vous nous avez montré les endroits à visiter, réserver un hôtel,… mais il nous manque quelque chose d’essentiel.
- Ah ? Bon…
- Où est-ce que nous pourrions passer une soirée agréable ?
- Hummm… cela dépend. Vous cherchez un bar, une boîte, ou autre chose ?
- Disons. Cela n’a pas d’importance. Un endroit pour rencontrer une jolie –gorgeous en anglais. J’adore ce mot !- jeune fille comme vous.
Là les deux jeunes filles rigolent.
- Moi je vais souvent au Jazz Bar.
- Ah. Très bien. Il est où ?
- Je vous donne l’adresse 15 rue de la république. (Je dis république parce que j’ai oublié. Mais bon c’est un nom de rue commun).
- Super. Et si, par exemple je voulais vous y rencontrer, je devrai y aller vers quelle heure.
- J’y suis souvent vers 10h.
- Et ce soir ?
- (sourire) Ce soir aussi.
- Bien. Euh… pour ne pas avoir l’air trop ridicule dans ce bar, je peux vous demander votre nom.
Et la demoiselle de m’écrire son nom, son prénom, tel et adresse email.
- Merci. A bientôt alors.
Dehors, je rejoins mes camarades qui s’impatientent. Mais quand je leur annonce le programme du soir, ils sont tout émoustillés.
Je vous passe la préparation. Après une nuit dans le train, on ressemble plus à des clochards qu’à des princes charmants. Nous passons donc tous au karcher ;=))
On chope le plan de Budapest. On cherche la rue et on découvre qu’elle n’est pas trop loin à pied. Par contre la rue est immense et traverse le quart de Budapest. En plus, on ne sait pas trop dans quel sens elle est numérotée. Nous décidons en toute intelligence, de la descendre à pied, au pas de marche forcée.
On rejoint la rue. C’est la fin. N° 250 (ou 350, je ne sais plus et de toute façon on s’en fout).
21h30 : On marche déjà depuis 15 minutes.
21h45 : N° 177. Je pense qu’on sera en retard. Bah… ça se fait.
22h00 : N° 99. Un espoir. Les numéros défilent plus vite mais les jambes s’alourdissent. Je calcule. On a fait la moitié de la rue en 1/2h. On va être sacrément en retard.
22h15 : N° 75. Je ne sais pas si c’est nous ou les numéros mais on n’a pas beaucoup avancé. Ma mauvaise humeur fait un saut en avant. Les autres flânent.
22h30 : N° 25. Les derniers 200 mètres ont été courus. A fond. On est tous en sueur. Le 25 se révèlent être une horrible bâtisse. Pas de bar. Rien.
Les autres me moquent. A la réflexion, toute la rue était constituée d’immeubles d’habitation. Pas de commerce. Me serai-je trompé ?
J’insiste pour qu’on continue un peu. Au cas où.
22h45 : On a maraudé quelques mètres de plus. Traversé la rue. Regardé les numéros pairs.
Mais je n’ai pas de doute. Mon anglais est correct et celui de la miss parfait. Je ne me suis pas trompé.
23h00 : J’admets que c’est raté. L’un d’entre nous, nous convainc d’aller dans une boîte. On prend une petite rue perpendiculaire. On s’engouffre dans les méandres de la ville.
(Je vous raconterai cette partie là un autre jour… peut-être.)
Le lendemain. Mal dormi. On part pour une journée de visite, avant de prendre le train en fin de journée pour une autre étape hongroise.
(A suivre)
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