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Dimanche 29 janvier 2006

Prague. L’été. Douce chaleur. Ville agréable et touristique. Trop.

 Suis en visite chez un ami. L’amie de mon ami tient la programmation/ le bar sur une péniche - concert amarrée sur le Danube.
Tous les soirs, nous y sommes. Profitons de la musique sympa, des bières gratuites, etc… Chaque soir ou plutôt chaque matin, nous fermons. Et la ville est à nous !

  

 

 (Bon ok, ok ce n’est pas une photo de cette époque mais bon… c’est pour vous permettre d’imaginer !)

 

 

Je me couche. Dors peu. Puis je vais profiter de la ville. Aujourd’hui, j’ai pris une place pour un concert d’orgue dans une cathédrale. 16h. En attendant je me ballade. Il y a foule. Allemands, autrichiens, anglais, français et autres nationalités.

 -         Hey. Excuse-me. Could you help us ?

 Je flânais. La tête en l’air. Et me voilà alpagué, en anglais, par deux charmantes demoiselles.
Deux blondes aux yeux bleus. Pas des filles du coin. Elles n’ont pas l’air slave. Pas allemande, non plus. Peau trop bronzée.

-         Oui bien sûr, dis-je dans un grand sourire et en anglais (of course). Que puis-je pour vous ? 

 

Même si elles sont en short basket casquette, la meilleure tenue pour faire du tourisme, le style n’est pas très européen.

 -         En fait, on est un peu perdues. On cherche cette rue-là (me disent-elles, en me montrant leur plan) mais on ne voit pas très bien comment y aller.

 La peau est très bronzée, presque cuivrée. Elles sont plutôt sportives. Des américaines de la côte ouest ? Humm bizarre car je comprends leur anglais ?

 -         Comme vous pouvez l’entendre, je ne suis pas du coin… mais bon cela ne m’a pas l’air difficile.
Voilà, vous prenez cette rue puis vous tournez à gauche. Vous aurez une station de métro. Vous prenez, voyons voir, cette direction et vous sortez à la prochaine station. Et là, regardez, vous serez exactement dans la rue que vous recherchez.

 C’est amusant. Elles sont plutôt menues toutes les deux. Les Beach american girl sont plutôt grandes. Voix agréables, un peu graves. Souriantes et positives.

 -         Ca te semble pas compliqué, à toi ? Non ? On va prendre un taxi. 
 -         Attendez, girls, le metro est juste là. Venez avec moi. Je vous accompagne…. Là regardez, la bouche est là. Et après c’est qu’une seule station. Ne prenez même pas de ticket. 
-         OK Merci. On va voir. En tout cas, merci beaucoup. 
-         Ok. Bonne route, alors.
     Excusez-moi. Juste une question. D’où venez-vous ?
 
-        Nous sommes australiennes.
-         Australiennes ? Vous venez de si loin ? 
-         Oui on fait notre « tour » en Europe. 20 jours pour visiter tous les pays. 
-         C'est super.
-         Et toi, tu es d’où ? 
-         Moi ? Mon accent ne me trahit pas ? Je suis un frenchy.
-         Great. On sera à Paris dans 4 jours. Cela sera la fin du voyage. Et après on repart.
-         20 jours pour faire l’Europe, ça fait court quand même. 
-         Ben non. C’est sympa. Et puis, on n’aura pas forcément l’occasion de revenir… alors on en profite.  

 

[… je coupe un peu… hein parce qu’après tout, on s’en fout un peu, non ?]

                     DONG. DONG. DONG. DONG.

 -         Ah ! 16h. Je vais en retard pour mon concert. 
-         Un concert. 
-         Oui. Dans une église. Juste là. Ca va les filles ? Vous allez y arriver ? 
-         Ne t’en fais. Merci encore pour tout. Bye.  

 

Allez hop. Dépêche toi. Au concert. Hop, hop, hop. Hé attends. Je suis con, là. Des australiennes !!  Mignonettes en plus. T’as pas trop l’occasion d’en rencontrer. Elles n’ont pas l’air farouches. On sait jamais. En plus, au pire, tu t’en fais des copines et cela te fera un pied à terre si un jour tu vas en Australie.  

 

Demi tour !!!

 -         Hey les filles! Deux secondes... 
    
Vous faites quoi ce soir ? 
-         On rejoint deux copines à nous et après, on suppose qu’on va traîner dans un bar.  

 

Whaou ! Je vais m’inviter toute la communauté australienne des Beach Girls de Prague !

 -         J’ai des copains qui tiennent une péniche. Il y a des petits groupes locaux. De la bière. Et puis après les groupes, une petite piste. Des rires et des chansons. Pas trop de touristes. Ca vous branche ? 
-         Sûr que ça nous branche. On en rêve. On pourra venir avec nos copines. 
-         Bien sûr. On se donne RV sur la péniche à 21h. Elle est là. Entre l’île et le pont. Vous ne pouvez pas vous tromper. Il y a un chemin à gauche du pont.
C’est OK. Vous trouverez ? 
-         Ok. A la limite on prendra un taxi. 
-         A ce soir. Alors. Je vous quitte. Je suis déjà à la bourre. See ya soon. 

 

Vous pensez bien. Fier comme un paon, j’en parle à mes amis. En plus, je dis bien à l’hôtesse de m’appeler si elle voit des américaines (ou approchant).

(Vu que mon tchèque est plutôt médiocre, disons que je le fais demander… mais bon ça rallonge encore le texte. Alors à la limite, je préfère ne pas le dire. C’est une info superflue, non ? Vous vous en foutez ? Et c’est plutôt la suite qui vous intéresse. Comment ça ? Là je vous le dit ? Non, je ne vous le dit pas. Je vous explique. Pfff. En plus, je mets cela en petit et entre parenthèse pour que vous compreniez bien. Vous voulez pas en plus que je vous en plus un écriteau du style ATTENTION NE PAS LIRE … à moins que vous ne soyez intéressés par les détails insignifiants de cette histoire, elle-même insignifiante !)

 

 

4h’ du mat’. Je suis un peu fait. J’ai pas vu mes australiennes. Rhââ.
Je suis déçu. La petite bande se moque gentiment de moi.

 -         Ca va. Ca va. De toute façon, elles étaient 4 et moi, seul, j’aurai pas pu assurer.
Et puis, peut être qu’une de leur copine avait ses règles et qu’elles sont restées dans leur hôtel par solidarité.
Ou alors, elles ont été enlevées par une bande de dangereux séparatistes…
Ou je ne sais pas moi, elles ont rencontré 4 beaux tchèques qui leur ont fait oublier le charming francuski. 
 

 

(Notez bien la rouerie de cette dernière proposition. D’un côté je flatte leur ego national, de l’autre, je diminue mes propres qualités… ce qui les amène les demoiselles à me rassurer illico non-ce-n’est-pas-possible-qu’on-t’oublie-si-vite,-toi-qui-est-si-charmant. Sourires et bisous.)

 Il est temps de partir. Nous sommes invités à finir la soirée chez une copine.

 -         Joretapo, tu as toujours un plan sur toi. 
OK donc vous partez du bateau vous descendez là, vous suivez cette rue, etc…etc…
-         Heu… excuse-moi. Pourquoi tu nous fais partir de là ? 
-          ??? Le bateau est là, Joretapo. Entre cette île et le pont. 
Sueurs froides. Mais quel c… Mais quel super mega CON. Y a que moi à ce niveau de la compétition. C’est pas possible. Je me suis trompé d’île ; je me suis trompé de pont. Je les ai envoyé à l’ouest alors qu’on est au Nord.

-         Ca va Joretapo. Tu n’as pas l’air bien tout d’un coup.  

 

Evitons d’être ridicule en plus. T’as plus qu’à te murger pour finir en beauté.

 -         Tu n’attends plus tes australiennes au moins. 
-         Hein ? euh non…non…

Je dirai même qu’il vaut mieux pas que je les re croise. C’est décidé. Demain, je pars de Prague. On ne sait jamais.

 UN ACTE MANQUE.

 

 

 

 

Par Joretapo - Publié dans : Souvenirs
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